Dans un souci de s’exprimer en bon français, on fait continuellement — et pour cause! — la chasse aux anglicismes en tous genres. Or, les erreurs de vocabulaire, de grammaire et de syntaxe ne sont pas toujours attribuables à l’influence de la langue de Shakespeare. En effet, plusieurs usages aux allures tout à fait françaises sont critiqués pour diverses raisons. Voici quelques tournures fautives parmi les plus utilisées.

 

1 Pallier accompagné d’un complément indirect

Pallier est un verbe transitif direct, c’est-à-dire qu’il s’emploie avec un complément direct. Autrement dit, il ne devrait pas être suivi de la préposition à. Ainsi, on n’écrira pas pallier au syndrome de la page blanche, mais plutôt pallier le syndrome de la page blanche. Selon l’Office québécois de la langue française, l’ajout de la préposition à pourrait s’expliquer par la ressemblance avec remédier à.

 

2 Chaque ou aux suivi d’un adjectif numéral et d’un nom

Pour indiquer la fréquence d’une action, on rencontre souvent des formules telles que chaque deux heures ou aux trois semaines. On doit toutefois éviter de combiner chaque ou aux avec un déterminant numéral et un nom au pluriel. On remplacera ces tournures fautives par tous les (ou toutes les). On écrira donc, par exemple : Régine rédige un nouveau texte toutes les deux heures.

 

3 Faire plaisir introduit par le pronom impersonnel il

On utilise à toutes les sauces des expressions comme il me fait plaisir de…S’il est possible de faire plaisir à quelqu’un (ex. : J’ai fait plaisir à Josée en lui procurant un roman policier.), on ne peut pas employer la locution faire plaisir avec le pronom impersonnel il en guise de sujet. Pour contourner cette formulation tout en conservant la notion de plaisir, plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • C’est avec plaisir que nous lançons le troisième tome de cette saga captivante.
  • Je me fais un plaisir de lire en rafale toute l’œuvre de cette auteure renommée.
  • Cela leur fait plaisir de conseiller la jeunesse avide d’épopées chevaleresques.

 

4 Débuter construit avec un complément direct

Parce que les verbes débuter et commencer se ressemblent énormément, on a tendance à les interchanger comme des synonymes sans se poser de questions. Or, si leurs sens sont proches, ils comportent certaines nuances. En effet, contrairement à commencer, débuter ne peut pas être suivi d’un complément direct, si bien qu’il est impossible de débuter quelque chose. Ainsi, on dira J’ai commencé ce curieux récit avant-hier plutôt que J’ai débuté ce curieux récit avant-hier.

 

Toutefois, la construction quelque chose débute est quant à elle tout à fait correcte (ex. : Le conte débute avec l’arrivée d’une fée déchue.). Par ailleurs, débuter signifie aussi « faire ses débuts » (ex. : Elle a débuté comme adjointe littéraire en 1997.).

 

5 Chaque utilisé comme pronom indéfini

Chaque est un déterminant indéfini; il accompagne donc un nom (ex. : Chaque histoire inventée par mon grand-père les soirs de Noël était rocambolesque.). Or, bien qu’il soit courant à l’oral de l’employer comme pronom indéfini, on évitera cette formulation fautive à l’écrit (ex. : Les anecdotes que me racontait ma mère quand j’étais petite duraient en moyenne cinq minutes chaque.). Pour corriger cette erreur de français, on utilisera les pronoms indéfinis chacun ou chacune (ex. : Les anecdotes que me racontait ma mère quand j’étais petite duraient en moyenne cinq minutes chacune.).

Il existe plusieurs autres tournures fautives qui, à première vue, semblent correctes en français. Pour en savoir plus, vous pouvez notamment consulter la rubrique Autres emplois critiqués du dictionnaire québécois Usito.

Chez Scriptum, nous faisons du bon usage une priorité : communiquez avec nous pour obtenir des textes en tous genres dans un français impeccable!