Écrire sans faire de fautes d’orthographe est une chose… construire des phrases claires et cohérentes en est une autre! Les erreurs de syntaxe sont parfois subtiles, et même si elles n’empêchent pas nécessairement les lecteurs de comprendre le sens de votre texte, elles peuvent donner lieu à des tournures, disons, pour le moins bizarres! Voici 3 types de fautes courantes en français que je rencontre fréquemment en tant que réviseure… et que le rédacteur averti que vous souhaitez sans doute être saura éviter pour formuler des phrases bien construites!

 

1 L’anacoluthe : quand la structure s’égare en cours de route

L’anacoluthe est ce qu’on appelle une rupture syntaxique : le rédacteur commence sa phrase selon une certaine structure, puis l’abandonne au profit d’une autre. Il s’agit généralement d’une phrase comprenant un participe présent, un participe passé ou un verbe à l’infinitif qui est « orphelin de sujet ».

Exemples d’anacoluthes :

Participe présent : En arrivant plus tôt au bureau, mes textes furent prêts à temps.

Participe passé : Inspirée par cette idée, mes textes furent prêts rapidement.

Verbe à l’infinitif : Après avoir finalisé mes textes, ils furent envoyés à l’impression.

Dans ces 3 phrases, le premier verbe n’a pas de sujet : il est bien évident que ce ne sont pas « les textes » qui sont arrivés plus tôt au bureau, qui étaient inspirés par cette idée ou qui ont finalisé les textes! Pour que ces phrases soient syntaxiquement correctes, il faudrait, par exemple :

 

A) Ajouter le sujet manquant :

  • Comme je suis arrivée plus tôt au bureau, mes textes furent prêts à temps.
  • Comme j’étais inspirée par cette idée, mes textes furent prêts rapidement.
  • Après que j’eus finalisé mes textes, ils furent envoyés à l’impression.

 

B) Faire correspondre les 2 sujets, soit celui du verbe conjugué et celui qui n’est pas exprimé :

  • En arrivant plus tôt au bureau, je pus finir mes textes à temps.
  • Inspirée par cette idée, j’ai fini mes textes rapidement.
  • Après avoir finalisé mes textes, je les envoyai à l’impression ou encore Une fois finalisés, mes textes furent envoyés à l’impression.

 

Attention! C’est le même principe dans le cas d’une apposition, soit un mot ou plusieurs mots juxtaposés à un autre et qui le précisent, le qualifient, etc. Pour éviter la rupture syntaxique, celle-ci doit être immédiatement suivie du mot auquel elle se rapporte. Ainsi, on ne dira pas Rédactrice de métier, les textes que j’écris doivent être bien construits, mais plutôt Rédactrice de métier, je dois écrire des textes bien construits.

 

2 Le zeugme : quand les mots sont incompatibles

Vous voulez coordonner plusieurs mots (ou groupes de mots)? Gare au zeugme! Car s’il est possible que 2 verbes, par exemple, aient le même complément, il faut que ceux-ci se construisent de la même façon ou soient introduits par la même préposition, par exemple.

Ainsi, on pourrait écrire Je rédigerai et réviserai mes textes d’ici demain pour éviter de répéter mes textes après chacun des 2 verbes. Par contre, la tournure J’appellerai ou j’écrirai à mon éditeur au besoin est fautive, puisqu’elle coordonne un verbe transitif direct (j’appellerai mon éditeur) et un verbe transitif indirect (j’écrirai à mon éditeur). On devrait donc plutôt écrire, par exemple : J’appellerai mon éditeur et lui écrirai au besoin.

Cette règle s’applique également aux noms, aux adverbes, etc. qui sont coordonnés. Par exemple, vous ne pouvez pas viser l’accession et le maintien de la perfection dans vos textes, mais vous pouvez toujours viser l’accession à la perfection et le maintien de celle-ci — cela dit, bonne chance!

 

3 La syllepse : quand le sens prend le dessus sur la grammaire

Une syllepse, c’est un accord (en genre ou en nombre) fait selon le sens plutôt qu’en respectant la grammaire. Un exemple? Le monde sont souvent embêtés par les règles de grammaire du français… En voulant rendre l’idée de pluralité implicite dans le monde, bien des gens font l’accord au pluriel; le monde est pourtant singulier.

Dans cet exemple, que l’on rencontre surtout à l’oral (heureusement!), la syllepse de nombre « saute aux yeux » — votre logiciel de traitement de texte ne manquera d’ailleurs pas d’indiquer que vous faites erreur! Or, la syllepse n’est pas forcément aussi évidente si on ne s’attarde pas à la grammaire :

Forme fautive (syllepse de genre et de nombre) :

L’équipe de rédaction a remis son cahier spécial sur les anglicismes. Ils (en voulant parler des rédacteurs composant l’équipe) étaient tous très fiers de leur travail.

Formes correctes :

L’équipe de rédaction a remis son cahier spécial sur les anglicismes. Elle était très fière de son travail.

Les rédacteurs ont remis leur cahier spécial sur les anglicismes. Ils étaient tous très fiers de leur travail.

 

Enfin, notez que ces fautes de français courantes touchant la construction de la phrase sont parfois employées dans la langue littéraire comme figures de style (pour surprendre ou désorienter le lecteur, par exemple). Autrement, il vaut mieux les éviter… et les traquer!

 

Chez Scriptum, nous veillons à ne pas nous laisser piéger par l’anacoluthe, le zeugme ou la syllepse… En quête de contenu de qualité et exempt de fautes? Communiquez avec nous sans tarder!